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Jean Lesage

​​​Le ministre fédéral

Parallèlement à sa carrière en droit, Jean Lesage s’implique activement en politique dès les années 1930. Il se distingue particulièrement lors des élections de 1939 en prononçant des discours en faveur d’Adélard Godbout. Ce dernier, devant s’absenter pour sillonner le Québec, lui confie la tâche de mener sa campagne dans sa circonscription de L’Islet. L’éloquence et la présence du jeune avocat séduisent l’électorat, lui valant un accueil enthousiaste. Son engagement et son talent oratoire laissent une impression durable au sein du Parti libéral, renforçant ainsi sa position au sein de la formation politique.

Homme

Photographie du chef Adélard Godbout lors du lancement de la campagne libérale. 1939.

Archives de la famille Godbout

Élection fédérale du 11 juin 1945

 

La guerre terminée, à 33 ans, Jean Lesage, se lance en politique et se présente comme candidat libéral dans la circonscription fédérale de Montmagny-L’Islet. Il connaît bien cette région semi-urbaine puisqu’il a milité aux élections québécoises de 1939 et de 1944 pour Adélard Godbout dans L’Islet. L’élection se déroule dans un climat extrêmement tendu, particulièrement au Québec, où le ressentiment envers les libéraux d’Ottawa est profond. La conscription imposée en 1942 par Mackenzie King, en contradiction avec ses engagements envers les Canadiens français, ainsi que la chasse aux conscrits fugitifs, l’émeute de Drummondville et une fusillade policière ayant coûté la vie à un jeune conscrit, alimentent la colère populaire.​ Malgré ce contexte défavorable, Lesage bénéficie du travail de terrain qu’il avait accompli en appui à Adélard Godbout dans une partie de sa circonscription en 1939. 

Adélard Godbout lui rend d’ailleurs l’appareil en l’appuyant dans des assemblées le 20 mai en après-midi à Saint-Eugène et en soirée à Saint-Cyrille de L’Islet. Son message est clair : « Si je suis ici, dit M. Godbout, c’est qu’il est extrêmement important que vous vous choisissiez un homme qui puisse vous représenter de la meilleure façon possible à Ottawa, alors que le Canada entre dans la phase la plus critique de son histoire. Pays maintenant adulte, le Canada, ajoute-t-il, doit aujourd’hui prendre une direction, et pour cela il faut de l’entente, de la collaboration, de la paix. Me Jean Lesage, le candidat libéral dans ce comté, représente tout cela auprès de vous. C’est votre candidat, c’est mon candidat. On lui a demandé pour l’avenir du Canada français de sacrifier sa famille, sa profession, son honneur d’honnête homme, peut-être. Songeant aux électeurs de L’Islet, à la classe rurale, j’avais jeté les yeux sur lui, conscient de sa personnalité et des nombreux atouts dont il est le dépositaire. Il possède une généreuse préparation pour la vie politique. Il sera vite à l’avant-plan, avec la combativité qu’on lui connaît. C’est pourquoi je vous demande de lui faire confiance et de l’élire. »

Affiche électorale du chef libéral William Lyon Mackenzie King.

Collection Dave Turcotte

Le journal Le Peuple de Montmagny relate qu’une « assemblée contradictoire a suivi, hier, la mise en nomination des candidats à l’élection fédérale du 11 juin, dans la circonscription de Montmagny-L’Islet. La réunion eut lieu au théâtre de Montmagny et groupa un nombreux auditoire. Elle fut très calme. L’assemblée était sous la présidence conjointe de M. Lauréat Thibault, préfet du comté de L’Islet et du maire Poirier, de St-Thomas de Montmagny. Le premier orateur fut Me Jean Lesage, candidat libéral, Me Lesage expliqua qu’il est candidat libéral, mais qu’il n’est pas solidaire du gouvernement sur les questions de plébiscite et de conscription. Dit qu’au contraire, il est solidaire de son associé senior, l’hon. C. -G. Power, dont il approuve sans restriction l’attitude. Me Lesage nota que lui-même a fait la campagne du “non”, lors du plébiscite. Me Fernand Choquette, député libéral de Montmagny à la Législature, parle en faveur du candidat libéral, à la suite de ce dernier, le sénateur Fernand Fafard était sur la tribune. L’orateur suivant fut M. Roger Boulanger, candidat créditiste, fut suivi par un orateur qui parle en sa faveur. Tous deux expliquèrent à l’auditoire la doctrine du Crédit social et déclarèrent que cette doctrine a obtenu d’excellents résultats en Alberta. Le capitaine Wilfrid Ringuet candidat indépendant, parla par la suite. Il a expliqué que s’il était candidat conservateur en 1940 c’est parce que l’hon. Manion était contre la conscription. M. Ringuet déclara qu’il n’approuve pas l’attitude de certains conservateurs fédéraux sur la conscription. Ce pour quoi il est candidat indépendant. L’orateur a noté qu’il est de Montmagny et déclaré qu’il a toujours eu des relations cordiales avec la population. »

 

Publicité électorale du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Peuple. 25 mai 1945.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du candidat indépendant Wilfrid A. Ringuet. Journal Le Peuple. 25 mai 1945.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Le 11 juin 1945, il remporte l’élection avec 60,67 % des voix et une majorité de 4 299 votes. À l’échelle nationale, le Parti libéral subit de lourdes pertes. Les électeurs, mécontents, les sanctionnent sévèrement. Avec 39,78 % des voix, les libéraux font élire 118 députés contre 67 conservateurs obtenant 27,62 % des votes. 

Résultats de l'élection fédérale de 1945 dans la circonscription de Montmagny-L'Islet.

Musée virtuel d'histoire politique du Québec

Député fédéral de Montmagny-L’Islet

 

Selon Wikipédia, « l’arrivée de Jean Lesage à la Chambre des communes se déroule dans un contexte très difficile. Le gouvernement libéral de Mackenzie King faisait face à une forte opposition nationaliste au Québec, incarnée par l’Union nationale de Maurice Duplessis. Réélu en 1944, Duplessis cherchait à récupérer les pouvoirs cédés au gouvernement fédéral par les provinces durant le conflit. En réponse, Mackenzie King avait rallié les électeurs autour d’une politique de reconstruction, dans le but de préparer la fin du conflit et le retour à une économie de paix. »​​

Le Dictionnaire biographique du Canada note ceci : « Homme d’action plutôt qu’idéologue, Lesage est cependant un adepte du libéralisme économique et un défenseur des libertés individuelles. Son héros politique est sir Wilfrid Laurier. À son premier discours comme député à la Chambre des communes, prononcé le 24 septembre 1945, Lesage plaide pour un “État bilingue” et une unité canadienne dans la diversité. Il souligne aussi l’importance d’avoir un drapeau, une citoyenneté et un hymne national canadiens. Ses sujets de prédilection concernent les questions constitutionnelles, financières et économiques. Le député prône le rapatriement des domaines qui relèvent toujours de la compétence britannique, l’indépendance économique du Canada par rapport au Royaume-Uni et la stabilité économique grâce au maintien du plein emploi par l’accroissement de l’exportation. Il préconise le libre-échange et l’intervention de l’État, qui doit imposer des règles à l’économie et guider la production canadienne. L’État a aussi, selon lui, la responsabilité d’assurer à chaque citoyen un niveau de vie décent. »

Affiche électorale du chef libéral Wilfrid Laurier.

Collection Alain Lavigne

Le Dictionnaire biographique du Canada avance que « Lesage est le plus méthodique et le plus travailleur d’un groupe de députés francophones turbulents, plutôt indociles, appelé le “petit Chicago”, dont l’un des faits d’armes a été l’opposition vigoureuse à l’adoption du Red Ensign comme drapeau du Canada en 1946. Le jeune député de Montmagny-L’Islet intervient fréquemment en Chambre. Il s’y exprime régulièrement en anglais, qu’il a notamment appris de sa mère, qui avait vécu plusieurs années aux États-Unis dans sa jeunesse, et pendant ses entraînements avec l’armée canadienne de réserve. Comme plusieurs autres francophones, il utilise la langue de la majorité pour s’assurer que les députés unilingues anglophones le comprennent bien. »

Élection fédérale du 27 juin 1949

 

Jacques Lacoursière précise que « par suite de la décision de William Lyon Mackenzie King de se retirer de la vie politique, Louis Stephen St-Laurent devient premier ministre du Canada le 15 novembre 1948. Ce choix du congrès libéral est ratifié par la majorité des Canadiens lors des élections générales du 27 juin 1949. Le chef libéral obtient alors une majorité […] et, au Québec, seulement 2 candidats conservateurs réussissent à échapper à la vague de “l’oncle Louis” qui déclare, le soir de sa victoire, qu’une de ses tâches principales sera de renforcer “cet esprit d’harmonie, de bonne volonté et de coopération entre Canadiens anglophones et francophones, qui est le seul fondement sûr de notre unité en tant que nation”. »

Publicité électorale du Parti Libéral du Canada. Journal Le Peuple. 24 juin 1949.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du Parti Progressiste-Conservateur du Canada. Journal Le Peuple. 17 juin 1949.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Au cours de l’assemblée contradictoire qui a suivi, lundi 13 juin 1949 en après-midi, l’appel nominal des candidats du comté de Montmagny-L’Islet, Jean Lesage lance « Depuis 1945, […], j’ai fait mon possible, tant dans les comités de la Chambre qu’à la Chambre des Communes elle-même, pour servir la population de ce comté et de mon pays. Est-il une seule circonstance où je n’ai pas exprimé une opinion qui était vôtre ? … Vous avez lu les discours que j’ai prononcés, les interventions que j’ai faites. N’est-ce pas là ce que vous auriez fait vous-même ? »

 

Le Courrier de Montmagny ajoute que « l’orateur a défini ensuite quels devaient être les devoirs d’un député aux Communes et il a fait l’énumération des diverses améliorations qu’il a apportées au comté : l’établissement d’un service de poste rural ; la réfection ainsi que la construction de quais à Montmagny, L’Islet, Saint-Jean-Port-Joli ; la vente à un prix minime de l’ancien camp militaire de Montmagny pour permettre l’installation d’un camp de santé, etc. »

Publicité électorale du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Courrier de Montmagny. 18 juin 1949.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Conrad Black affirme que Lesage conclut, pendant l’élection québécoise de 1948, une entente à l’amiable avec Antoine Rivard, candidat de l’Union nationale, pour faciliter leurs élections respectives. Rivard gagne la circonscription de Montmagny à Québec et Lesage en profite amplement à l’élection fédérale du 27 juin 1949. Avec une majorité de 7 624 votes, il obtient 76 % des suffrages. À l’échelle nationale, les libéraux de Louis St-Laurent sont aisément reconduits au pouvoir avec 191 sièges et 49,15 % des voix, tandis que les conservateurs de George Drew subissent une lourde défaite, n’élisant que 41 députés avec un modeste 29,65 % du vote populaire.

 

Antoine Rivard confirme dans le livre Si l’Union nationale m’était contée… qu’il avait d’excellentes relations avec Lesage : « Certains de mes organisateurs étaient également ceux de Jean Lesage. Et, ce n’est pas pour me vanter que je vous rapporte ça, leur mot d’ordre était : “On a deux bons hommes ; on en a besoin et on les garde.” » Tout comme bien d’autres libéraux fédéraux, Lesage a donc noué une forme d’alliance avec des unionistes de Québec.

Résultats de l'élection fédérale de 1949 dans la circonscription de Montmagny-L'Islet.

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Adjoint parlementaire

 

Doté d’un talent particulier pour les mathématiques et la finance, il s’implique activement dans plusieurs commissions parlementaires à la Chambre des communes. En 1949, il est nommé vice-président du comité permanent de la banque et du commerce. L’année suivante, il copréside un comité mixte du Sénat et de la Chambre des communes sur les pensions de vieillesse, créé le 30 mars 1950. Grâce à ses compétences administratives et juridiques, ainsi qu’à son sens du tact, il remplit ses fonctions avec efficacité. Le travail du comité, auquel il contribue avec rigueur, est d’ailleurs salué par des commentaires élogieux en Chambre.

 

À l’automne 1950, il se joint à la délégation canadienne à la cinquième l’Assemblée générale l’Organisation des Nations unies (ONU), à New York. C’est à cette occasion qu’il rencontre Lester B. Pearson, alors Secrétaire d’État aux Affaires extérieures dans le gouvernement de Louis St-Laurent. Cette rencontre s’avère décisive pour sa carrière et lui ouvre les portes d’un poste prestigieux au sein du gouvernement. Du 24 janvier 1951 au 31 décembre 1952, il est adjoint parlementaire du secrétaire d’État pour les Affaires extérieures, Lester Bowles Pearson.

En lien avec cette nouvelle fonction, il fait partie de plusieurs missions à l’étranger. Lesage représente le Canada à l’Assemblée générale des Nations Unies à Paris pour la session de 1951-1952 en tant que vice-président. Il préside également la délégation canadienne pendant la treizième session du Conseil économique et social de l’ONU, à Genève, en Suisse, à la fin de l’été de 1951, puis à l’occasion de la quatorzième session, à New York, qui débute en mai 1952. Ces missions internationales lui permettent d’acquérir une précieuse expérience et de mieux comprendre les rouages de la diplomatie canadienne.

 

Du 1ᵉʳ janvier au 13 juin 1953, Lesage occupe le poste d’adjoint parlementaire du ministre des Finances, Douglas Charles Abbott. À ce titre, il participe aux réunions du ministère et de la Banque du Canada, ce qui lui permet d’approfondir sa compréhension des mécanismes financiers du gouvernement. Il contribue également à la préparation du budget et joue un rôle actif dans la présentation et la défense de projets de loi, notamment celui visant à modifier la loi de 1944 sur les prêts destinés aux améliorations agricoles.

Élection fédérale du 10 août 1953

 

Le Courrier de Montmagny rapporte que lors du lancement de la campagne de Jean Lesage, le dimanche 19 juillet 1953 à Cap-Saint-Ignace, « le ministre des Finances a profité de la circonstance pour rendre à son ami et adjoint parlementaire un magnifique témoignage d’amitié, d’estime, de confiance et de considération. J’ai une très haute opinion de Me Lesage, dit-il, et j’ai été très heureux de venir à sa première assemblée comme je l’ai toujours été d’apprécier ses talents et ses éminentes qualités. Votre député, continua-t-il, possède naturellement toutes les qualités physiques nécessaires à l’homme appelé à jouer un rôle politique de premier plan. À ses qualités naturelles, il a ajouté une vaste connaissance des affaires de l’État grâce à un travail constant ».

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Page une du journal Le Courrier de Montmagny. 25 juillet 1953.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Le 10 août 1953, le gouvernement libéral de Louis St-Laurent est reconduit au pouvoir avec 169 sièges et 48,43 % des suffrages, tandis que le Parti progressiste-conservateur de George Drew obtient 51 sièges avec 31,02 % des voix. Dans sa circonscription, Jean Lesage remporte une large victoire avec 67 % des votes et une majorité de 5 245 voix.

 

Ayant perdu son poste d’adjoint parlementaire du ministre des Finances au déclenchement de l’élection, il le reprend le 24 août 1953 et le conserve jusqu’au 16 septembre 1953.

 

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Article du journal Le Peuple. 31 juillet 1953.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Résultats de l'élection fédérale de 1953 dans la circonscription de Montmagny-L'Islet.

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Ministre des Ressources et du Développement

 

Le 17 septembre 1953, Jean Lesage fait son entrée au cabinet du premier ministre Louis Stephen St-Laurent à titre de ministre des Ressources et du Développement. Il est le plus jeune membre du conseil des ministres et quitte officiellement son bureau d’avocat. Sa première tâche est de réorganiser son département en un nouveau ministère.

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Communiqué en langue anglaise du Département des Ressources et du Développement. 17 septembre 1953.

Collection Dave Turcotte

Ministre du Nord canadien et des Ressources nationales

 

Le 16 décembre, il prend la tête du nouveau ministère du Nord canadien et des Ressources nationales. Il assume cette fonction jusqu’au 21 juin 1957. Ce ministère supervisant la gestion des parcs fédéraux, de l’énergie et des forêts, est également responsable de l’administration des Territoires du Nord-Ouest. Dans le cadre de ses fonctions, Lesage met en place une structure administrative, établit une politique de mise en valeur économique et voit à la mise en place d’un nouveau système scolaire dans les Territoires du Nord-Ouest, permettant d’augmenter le taux de fréquentation scolaire chez les jeunes de 15 % à 50 % grâce à des établissements pris en charge par l’État.

Richard Daignault prétend que « c’est l’occasion pour [Lesage] de se familiariser avec les dossiers les plus “modernes” de l’administration fédérale : l’exploitation du pétrole et du gaz naturel dans le Nord canadien, le harnachement de la rivière Columbia qui traverse la frontière internationale entre la Colombie-Britannique et l’État de Washington et les négociations qui s’ensuivent entre le Canada et les États-Unis, enfin l’organisation de nouveaux services pour les populations autochtones aux prises avec les effets du développement. »
 

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Brochure en langue anglaise du ministre du Nord canadien et des Ressources nationales. 1954.

Collection Dave Turcotte

Québec-Canada

 

« En matières constitutionnelles et fiscales, il demeure solidaire de ses collègues fédéraux et de l’application des programmes dits “nationaux” (pancanadiens). Sans présenter d’objection sérieuse aux propositions empiétant sur les champs de compétence des provinces, il défend cependant une interprétation légaliste de la constitution de 1867. » - Wikipédia

 

Selon le Dictionnaire biographique du Canada, « Le 22 mai 1950, respectueux du partage des compétences entre Québec et Ottawa, Lesage déclare en Chambre : “[J]amais je ne permettrais que le gouvernement fédéral ait droit de vue sur l’éducation”, ce qui “entraînerait la perte des droits sacrés qui servent de base à notre survivance même”. Lors de la création de l’impôt provincial en 1954, Lesage se prononce contre une diminution de l’impôt fédéral et contre la double imposition ; selon lui, la priorité provinciale en matière d’imposition directe est une prétention erronée. À la séance du 14 avril, il dit : “La double taxation est due uniquement à la décision du gouvernement du Québec, qui voudrait bien, cependant, en faire porter l’odieux au gouvernement canadien. Cela me fait penser à ce petit garçon qui tirait la queue du chat et qui répondit à son père, qui lui disait de cesser : ‘Ce n’est pas moi qui tire papa, c’est le chat.’” Cette prise de position, exprimée dans un “discours malencontreux”, comme l’écrira dans ses Mémoires Georges-Émile Lapalme, chef du Parti libéral au Québec (1950–1958), lui attirera les reproches de l’Union nationale et d’autres libéraux de sa province d’origine. »

 

Wikipédia soulève que « suivant la recommandation d’un haut fonctionnaire de la Banque du Canada, il se fait aussi l’avocat d’un régime de péréquation, géré par le gouvernement fédéral. »

 

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Élection fédérale du 10 juin 1957

 

Jacques Lacoursière écrit que « le 12 avril 1957, le 23e Parlement du Canada est dissous et des élections générales sont fixées pour le 10 juin. Au moment du déclenchement des élections, les conservateurs ne comptent que quatre députés au Québec. Diefenbaker se laisse convaincre qu’il peut s’emparer du pouvoir sans l’appui du Québec. Heureusement, car la position du parti conservateur au Québec est très précaire. “Au début de 1957, écrira Pierre Sévigny, nous n’avions guère de candidats en vue ; notre programme était vague et formé de quelques vœux sans importance émis au congrès. Nous avions un trésorier, mais pas de caisse, et le parti était divisé en groupuscules éparpillés à travers la province. Le seul trait d’union semblait être une sincère aversion de John Diefenbaker.” L’Union nationale appuie plus ou moins discrètement les conservateurs et, selon Robert Rumilly, elle verse trois quarts de million de dollars pour leur venir en aide. »

 

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Sa fonction de ministre appelle Jean Lesage un peu partout en dehors de sa circonscription. Au début de la campagne électorale, il fait une tournée dans différentes villes de l’Ouest canadien. À la mi-mai, il se rend quelques jours à Washington pour échanger avec les autorités américaines du harnachement des eaux limitrophes.

Lors des élections fédérales du 10 juin 1957, le Parti libéral de Louis St-Laurent remporte 105 sièges avec 40,45 % des voix, mais perd le pouvoir au profit du Parti progressiste-conservateur de John Diefenbaker, qui, malgré un soutien moindre de 38,51 % du vote populaire, fait élire 112 députés. Sans adversaire progressiste-conservateur dans sa circonscription, Jean Lesage est réélu avec 60 % des suffrages et une majorité de 3 135 voix sur son seul opposant, un candidat indépendant. Pour la première fois, il siège sur les banquettes de l’opposition.

Article du journal Le Peuple. 17 mai 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

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Résultats de l'élection fédérale de 1957 dans la circonscription de Montmagny-L'Islet.

Musée virtuel d'histoire politique du Québec

« Tenu responsable de la défaite de son parti, Louis St-Laurent annonce son départ de la vie politique. Un congrès à sa succession est organisé en janvier 1958. Deux aspirants-chefs se présentent : l’ancien Secrétaire d’État aux Affaires extérieures Lester Pearson et son rival, l’ancien ministre de la Santé Paul Martin. Appuyant Pearson, Jean Lesage se sert de la plateforme que lui offre ce congrès pour présenter une série de propositions progressistes, comme l’élargissement des pensions de vieillesse et l’instauration de la gratuité scolaire. » - Wikipédia

Élection fédérale du 31 mars 1958

 

Jacques Lacoursière déclare que « le premier geste de l’ancien ministre des Affaires extérieures est de demander au premier ministre Diefenbaker de lui remettre les rênes du pouvoir, et ce, sans élections ! […] Le sous-amendement de Pearson est rejeté par 150 voix contre 95. Mais le premier ministre Diefenbaker trouve qu’il est à peu près impossible de tenter de continuer à diriger le gouvernement. Le 1er février 1958, le gouverneur général dissout à nouveau le Parlement et fixe les élections générales au 31 mars. La campagne électorale va donc se dérouler en plein hiver. Trois thèmes principaux sont abordés : les relations fédérales-provinciales, l’unité nationale et les problèmes économiques. Au Québec, les candidats libéraux accolent le nom de Diefenbaker à la conscription et à la haine des Canadiens français. Quant aux conservateurs, ils peuvent compter sur l’appui moral, financier et physique de l’Union nationale. La “machine bleue” s’est mise en branle. »

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Au début de la campagne, Jean Lesage est la cible de nombreuses rumeurs. Certains membres influents du Parti libéral du Québec tentent de le convaincre de faire le saut en politique provinciale en briguant la chefferie de la Fédération libérale du Québec. D’autres laissent entendre qu’il délaisserait sa circonscription de Montmagny–L’Islet pour se présenter dans Québec-Est. Ces spéculations sont toutefois rapidement démenties par l’annonce officielle de sa candidature, confirmant son intention de rester fidèle à sa circonscription.

Le 31 mars 1958, les progressistes-conservateurs remportent une victoire écrasante, faisant élire 208 députés avec 53,67 % des voix. Cette élection, tenue seulement neuf mois après la précédente, transforme le gouvernement minoritaire de Diefenbaker en la plus large majorité parlementaire de l’histoire canadienne à l’époque. Pris au dépourvu, le Parti libéral subit une lourde défaite, obtenant seulement 48 sièges avec 33,75 % des suffrages.

 

Au Québec, bastion libéral depuis la crise de la conscription de 1917, l’absence d’un leader fort après la démission de Louis St-Laurent facilite un réalignement politique. Le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, et son parti, l’Union nationale, soutiennent les progressistes-conservateurs, permettant à Diefenbaker de rafler les deux tiers des sièges dans la province. Malgré ce raz-de-marée, Jean Lesage parvient à conserver son siège de justesse, avec une majorité de 726 voix et 52 % des suffrages.

Résultats de l'élection fédérale de 1958 dans la circonscription de Montmagny-L'Islet.

Musée virtuel d'histoire politique du Québec

Le Dictionnaire biographique du Canada raconte que « pour un temps, ses ambitions politiques sont freinées sur la scène fédérale ; il vit péniblement ce passage dans l’opposition. Lesage doit reprendre son salaire de député ; sa famille, qui l’a suivi à Ottawa quand il est devenu ministre, est forcée de retourner à Québec. Il songe alors à abandonner la politique pour gagner davantage d’argent, notamment en travaillant comme avocat. »


MINISTRE FÉDÉRAL
 


Élection 1945

Macaron commémoratif du premier ministre libéral William Lyon Mackenzie King. Vers 1980

Collection Dave Turcotte

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Affiche électorale du candidat libéral Jean Lesage. 1945.

Collection Dave Turcotte

Publicités électorales du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Peuple. 25 mai 1945.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Tract électoral du candidat libéral Jean Lesage. 1945.

Collection Alain Lavigne

Publicité électorale du candidat indépendant Wilfrid A. Ringuet. Journal Le Peuple. 25 mai 1945.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du candidat de l'Union des électeurs Roger Boulanger. Journal Le Peuple. 25 mai 1945.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec


Élection 1949

Macaron commémoratif du premier ministre libéral Louis Stephen St-Laurent. Vers 1980

Collection Dave Turcotte

Publicité électorale du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Courrier de Montmagny. 18 juin 1949.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Courrier de Montmagny. 18 juin 1949.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Peuple. 17 juin 1949.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Courrier de Montmagny. 25 juin 1949.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Page une du journal Le Courrier de Montmagny. 25 juin 1949.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicités électorales du Parti Libéral du Canada. Journal Le Courrier de Montmagny. 25 juin 1949.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

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Page une du journal Le Peuple. 1er juillet 1949.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec


Élection 1953
 

Publicité électorale du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Peuple. 17 juillet 1953.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicités du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Courrier de Montmagny. 18 juillet 1953.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Peuple. 25 juillet 1953.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Peuple. 31 juillet 1953.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Courrier de Montmagny. 1er août 1953.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Peuple. 7 août 1953.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicités du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Courrier de Montmagny. 8 août 1953.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du Parti Libéral du Canada. Journal Le Peuple. 25 juillet 1953.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicités électorales du candidat progressiste-conservateur Roger Chamard. Journal Le Peuple. 31 juillet 1953.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du candidat progressiste-conservateur Roger Chamard. Journal Le Peuple. 7 août 1953.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du Parti Progressiste-Conservateur du Canada. Journal Le Peuple. 7 août 1953.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec


Élection 1957

Macaron commémoratif du premier ministre progressiste-conservateur John George Diefenbaker. Vers 1980

Collection Dave Turcotte

Publicité électorale du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Peuple. 10 mai 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Dépliant électoral du candidat libéral Jean Lesage. 1957.

Assemblée nationale du Québec

Collection Alain Lavigne

Publicités électorales du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Peuple. 17 mai 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Peuple. 31 mai 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Peuple. 31 mai 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Peuple. 31 mai 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicités électorales du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Peuple. 7 juin 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicités électorales du candidat libéral Jean Lesage. Journal Le Peuple. 7 juin 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Page une du journal Le Courrier de Montmagny. 7 juin 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du Parti Libéral du Canada. Journal Le Peuple. 17 mai 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du Parti Libéral du Canada. Journal Le Peuple. 24 mai 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du Parti Libéral du Canada. Journal Le Peuple. 31 mai 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du Parti Libéral du Canada. Journal Le Peuple. 7 juin 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du candidat indépendant Louis Fortin. Journal Le Peuple. 17 mai 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicités électorales du candidat indépendant Louis Fortin. Journal Le Peuple. 24 mai 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicités électorales du candidat indépendant Louis Fortin. Journal Le Peuple. 24 mai 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du candidat indépendant Louis Fortin. Journal Le Peuple. 24 mai 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicités électorales du candidat indépendant Louis Fortin. Journal Le Peuple. 31 mai 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicités électorales du candidat indépendant Louis Fortin. Journal Le Peuple. 31 mai 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicités électorales du candidat indépendant Louis Fortin. Journal Le Peuple. 31 mai 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du candidat indépendant Louis Fortin. Journal Le Peuple. 7 juin 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicité électorale du candidat indépendant Louis Fortin. Journal Le Peuple. 7 juin 1957.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Publicités électorales du candidat indépendant Louis Fortin. Journal Le Peuple. 7 juin 1957.

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Publicité électorale du candidat indépendant Louis Fortin. Journal Le Peuple. 7 juin 1957.

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Photographie du mariage de Corinne Lagarde et Jean Lesage. 2 juillet 1938.  

Archives de la famille Lesage

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