Jean Lesage
L’homme
Jean Lesage voit le jour dans la paroisse Saint-Enfant-Jésus, du quartier Mile-End, à Montréal le 10 juin 1912. Baptisé Joseph-Hertel-Jean Lesage, il est le fils de Cécile Côté, institutrice originaire du Bic, et de Xavéri Lesage, natif de Louiseville en 1883. Aîné d’une fratrie de huit enfants, il grandit aux côtés de ses frères et sœurs : Henri, Raymond, Marguerite, Louis, Lucille, Alexandre et Thérèse.

Photographie de Jean Lesage lors de sa première communion. Il est accompagné, à sa gauche, de son frère Henri.
Archives de la famille Lesage
Le Dictionnaire biographique du Canada relate que « les origines de la famille Lesage remontent au XVIIe siècle. Vers 1675, Jean Lesage et sa femme, Marguerite Roussel, venus de Beaumont-le-Roger, [en Normandie], en France, arrivent en Nouvelle-France avec leur fils Jean-Baptiste. Ils s’installent dans la seigneurie de la Rivière-du-Loup, près de Trois-Rivières, [aujourd’hui connu sous le nom de Louiseville. Ils y rejoignent la famille du frère de Marguerite, établie dans le hameau depuis sa fondation dix ans plus tôt.] Jean-Baptiste se marie en 1709 à Trois-Rivières à Marie-Joseph Gerlaisse. Neuf générations plus tard naît Jean Lesage, futur premier ministre de la province de Québec. »
Cécile Côté et Xavéri Lesage
Dale C. Thomson retrace que « Xavéri, le benjamin de la famille, enseigna quelque temps à Trois-Rivières, puis rejoignit ses frères à Québec. L’enseignement était un métier médiocrement payé, aussi Antoni[, son frère et lui aussi enseignant,] chercha-t-il d’autres débouchés. En 1907, il devint cofondateur de la compagnie d’assurance, Les Prévoyants du Canada, et son premier directeur général. Xavéri fut chargé des affaires de la région montréalaise après son mariage en 1911. Xavéri avait épousé Cécile Côté, qui descendait aussi de l’un des premiers colons. Le premier Côté en Amérique du Nord, Jean, était arrivé du vivant de Champlain et avait épousé, en 1635, la fille d’Abraham Martin, qui donna son nom aux Plaines d’Abraham. Le père de Cécile, Louis-Napoléon, était un notable de Bic, près de Rimouski, dans la région du Bas Saint-Laurent. Après avoir étudié au Collège de Sainte-Anne de la Pocatière, il était devenu agriculteur et homme d’affaires, avait été maire quelque temps puis, en 1886, il fut battu comme candidat conservateur de la circonscription de Rimouski. Comme les conservateurs furent au pouvoir à Ottawa et à Québec pendant la majeure partie du dix-neuvième siècle, Louis-Napoléon fut, selon l’historien de la paroisse de Bic, très influent auprès des gouvernements, qui lui accordaient presque toujours leur patronage et ses concitoyens lui demandaient d’intercéder en leur nom pour leur faire obtenir des faveurs politiques. Cependant, des revers de fortune inexpliqués l’obligèrent à vendre la vieille et spacieuse demeure familiale de la Pointe du Vieux-Bic, y compris sa vaste bibliothèque, et à déménager à Québec où il mourut en 1905. Cécile n’avait que quatorze ans. On l’envoya vivre chez des parents dans le Maine, où elle apprit l’anglais. Plus tard, à Québec, elle se prépara, elle aussi, à l’enseignement et exerça dans cette ville jusqu’à son mariage avec Xavéri Lesage. »

Photographie de Jean Lesage entouré de son père Xavéri et de sa mère Cécile.
Archives de la famille Lesage
Dale C. Thomson ajoute que « Xavéri était un homme aimable, d’une tournure d’esprit philosophique, mais dépourvu d’élan et d’ambition. Il lisait beaucoup, aimait faire des farces et adorait les enfants. Cécile, pour sa part, avait une volonté et une énergie indomptables et une langue acérée et elle était très attachée à la discipline. Les normes de la société l’empêchaient de poursuivre sa carrière professionnelle, mais elle reportait sur son fils aîné ses propres espérances et aspirations, peut-être aussi celles de son propre père. Jean fut toujours son favori et une singulière affinité liait la mère et le fils. Celui-ci aimait et respectait son père, mais il adorait sa mère et passait des heures à causer avec elle. »
Richard Daignault explique que l’aîné « tenait une place bien spéciale dans la famille canadienne-française de l’époque. La considération que lui accordaient les membres de sa famille a sans doute contribué à développer chez le jeune homme une grande fierté personnelle. Madame Lesage, mère de Jean, voit à tout. “Une femme extraordinaire”, disent d’elle tous ceux qui la connurent. Jean Lesage tenait d’elle sa méticulosité, sa ténacité de bûcheur et son instinct de foncer du “côté du neuf”. Toute sa vie, Lesage sera en admiration devant elle. Il continuera toujours d’être près d’elle, la consultant dans les moments difficiles de sa carrière. »
Dale C. Thomson affirme que « Jean ne se sentait pas écrasé par la force de caractère de sa mère. Au contraire, il semblait y trouver un stimulant et tentait d’être son émule en matière d’autorité. Enfant, il usait déjà d’un franc-parler proche de l’impertinence. Il voulait imposer sa présence dès qu’il entrait dans une pièce, adorait discuter ou, du moins, sortir vainqueur d’une discussion. Étant l’aîné, il avait un avantage naturel à cet égard et ses cadets, admiratifs, cédaient généralement sans trop résister. Très soupe au lait, il entrait vite en ébullition : ses fréquentes colères montaient, mais redescendaient presque aussitôt. Aux cartes, il lui arrivait tout à coup de jeter son jeu au visage des autres s’il perdait la main. Quelques minutes plus tard, plaintif, il demandait pourquoi personne ne voulait jouer avec lui. Ses discussions avec sa mère, surtout durant son adolescence, entrèrent dans la légende familiale. Il n’aimait pas les corvées de ménage, mais il aidait sa mère à la cuisine pour pouvoir bavarder avec elle. C’étaient là des moments précieux pour tous deux mais, parfois, leurs points de vue se heurtaient, ils s’emportaient et leurs voix puissantes retentissaient dans l’appartement. En tout cas, ces éruptions ne duraient pas longtemps, et leur amour, leur respect réciproques empêchaient toute conséquence fâcheuse. Bien des années plus tard, alors que Cécile était octogénaire et lui ancien premier ministre, il lui rendit visite à l’hôpital : ils se querellèrent au point que l’une de ses sœurs lui fit remarquer qu’il devrait être plus gentil avec elle. “Voyons”, répliqua-t-il avec hauteur, “elle est capable de comprendre.” Cette réaction révélait un autre trait de caractère qu’il avait hérité d’elle : une brusquerie qui, loin d’être un indice de dureté, était souvent un moyen de cacher les émotions violentes qui pourraient menacer son sang-froid. C’était, en fait, un signe d’affection. Bien des êtres à qui Jean Lesage était véritablement attaché durent apprendre cette leçon. »
Ayant une relation tellement forte, Richard Daignault note que « deux jours avant qu’il ne décède lui-même, Lesage rendra une dernière visite à sa mère, mourante. Elle était dans un état de sénilité depuis trois mois. Lesage la regarde une dernière fois, lui parle. Mais ses yeux se ferment. Lesage décède le 12 décembre 1980. Madame Cécile Lesage meurt le jour des funérailles de son fils. »

Article du journal Le Richelieu. 25 mai 1960.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Joseph Arthur Lesage
Encouragé à se surpasser et à poursuivre de grandes ambitions, Jean se passionne rapidement pour la politique, influencé en partie par l’oncle de son père, Joseph Arthur Lesage.
Étant un des principaux organisateurs du Parti libéral pour l’Est du Québec, Joseph Arthur Lesage, est nommé sénateur libéral de la circonscription du Golfe le 3 mars 1944, sur recommandation du premier ministre canadien William Lyon Mackenzie King. Il assume cette fonction jusqu'à son décès, le 9 mars 1950.

Affiche de William Lyon Mackenzie King.
Collection Dave Turcotte
Joseph Arthur Lesage naît à Louiseville, le 7 juin 1881. Il est le fils d’Émilie Caron et d’Hercule Lesage. Il fait ses études au Collège de Louiseville, puis à l'École normale de Laval. En 1911, il épouse Emma Lachapelle. Actif dans la vie publique, il est élu échevin de la ville de Québec, fonction qu’il occupe de 1918 à 1926. Courtier en assurances de profession, il présidera les entreprises Lesage Proteau Ltée et Publications Cartier Ltée et assumera le rôle de vice-président de la compagnie Yellow Taxi Ltée.

Photographie de Joseph Arthur Lesage.
Sénat du Canada
Études
À l’automne 1917, à l’âge de cinq ans, Jean fait son entrée au jardin de l’enfance Saint-Enfant-Jésus à Montréal. Cet établissement d’enseignement dirigé par les Sœurs de la Charité de la Providence est reconnu pour offrir, en cinq ans, une solide préparation aux études classiques.

Photographie de Jean Lesage vers l'âge de cinq ans.
Archives de la famille Lesage
En 1921, son père obtient un nouveau poste de gérant adjoint au siège social de la compagnie de son frère Antoni à Québec. La famille Lesage s’installe alors dans le quartier Montcalm, un secteur en pleine expansion de la haute ville de Québec, prisé par la petite bourgeoisie francophone de cols blancs. Ils habitent successivement les avenues Holland, De Bourlamaque, Cartier et Brown. Jean y poursuit sa scolarité et complète son primaire au pensionnat Saint-Louis-de-Gonzague, dirigé par les Sœurs de la Charité de Québec. Cet établissement, reconnu pour son excellence académique, se distingue, selon Dale C. Thomson, par « la meilleure préparation au programme des collèges classiques et avoir une compétence particulière dans l’enseignement du français oral et écrit ».
En 1923, Jean Lesage entreprend ses études classiques au Séminaire de Québec. Élève brillant, il se distingue d’abord dans les matières faisant appel à la mémoire, avant de développer un talent marqué pour les mathématiques. Malgré quelques difficultés initiales, ses efforts lui permettent d’atteindre un excellent niveau, au point de remporter en 1930 le prestigieux prix Webster, récompensant les meilleurs élèves de cette discipline. Par ailleurs, son charisme naturel et sa grande éloquence le font briller en art dramatique et en art oratoire. Bien qu’il ne figure pas toujours parmi les premiers de classe, ses résultats restent solides et en constante progression.

Jean Lesage est assis au sol, au premier rang, quatrième personne à partir de la droite.
Photographie de la classe de rhétorique au Séminaire de Québec. 1928-1929.
Collection Alain Lavigne
Dale C. Thomson raconte que chez les Lesage, « la vie était axée sur l’éducation des enfants. Cécile était une ménagère méticuleuse, douée d’un sens aigu de la bienséance. On faisait remarquer sans cesse aux enfants que l’accent sur la prononciation était d’une grande importance. Selon la tradition canadienne-française, le père était chef de famille mais, en fait, c’était la mère qui commandait. À chacun sa tâche, disait-elle aux enfants : la leur était de bien réussir à l’école afin de devenir quelqu’un dans la vie. Après le souper, on desservait et toute la famille s’asseyait autour de la table, chacun à ses devoirs. On récitait leurs leçons à haute voix, ce qui permettait aux parents, par la même occasion, de corriger leur diction. Xavéri avait une jolie voix et aimait chanter. Le père et la mère exigeaient de leurs enfants une articulation nette et une langue parlée avec un “bon accent international”. Puis, les devoirs finis, il y avait des livres pour continuer à s’instruire. Les parents, lecteurs avides tous les deux, trouvaient vite un livre pour l’enfant qui n’avait plus rien à faire. Sur un autre point, ils étaient tout aussi fermes : bien que les enfants ne connussent d’autres Canadiens anglais que les quelques voisins d’origine irlandaise, il leur était défendu de répéter les remarques désobligeantes pour les Anglais qu’ils entendaient à l’école. Vivre et laisser vivre : telle était la règle. De plus, Xavéri et Cécile avaient appris combien il importait de savoir l’anglais pour réussir, même à Québec. »
Richard Daignault rapporte que « Xaviéri Lesage s’occupe activement de l’éducation de son fils aîné et se charge lui-même de lui faire répéter ses leçons. Il doit apprendre le latin et le grec. Le père lui fait décliner à haute voix les substantifs et conjuguer les verbes de la langue de César. Pendant ce rituel, la famille doit se tenir bien tranquille. Le père ne tolérait aucune distraction, aucun bruit pendant ces périodes d’études. »
Le Dictionnaire biographique du Canada relate que « durant ses études, Jean, robuste, pratique quelques sports comme le tennis, le hockey et le baseball, sans vraiment y exceller. Avec des amis, il joue aux cartes, prend goût à la cigarette et à l’alcool. Ses extraordinaires talents d’orateur se révèlent dès cette époque. Sa voix forte et grasseyante est exceptionnelle et sa diction, impeccable. La qualité de la langue parlée a toujours été une priorité pour ses parents. Jean gagne des concours d’éloquence à l’échelle régionale et provinciale. »
Richard Daignault soulève que « très tôt, on nota chez les Lesage les talents de diction de Jean. Il était membre de la chorale de la paroisse des Saints-Martyrs-Canadiens et il jouait au théâtre du Séminaire. Il participait dès l’âge de quinze ans à des concours oratoires. Un de ses amis de séminaire, Louis-Paul Dugal, se souvient de sa voix : “Il avait une voix extraordinaire”, raconte-t-il. “Je l’avais convaincu de prendre part au grand débat oratoire annuel où s’affrontaient les collégiens du Québec les plus talentueux. J’étais son entraîneur. On comptait sur le timbre de sa voix et sa force d’élocution pour remporter la palme. Jean arriva deuxième pour la province. Roch Pinard avait remporté les honneurs.” »

Jean Lesage est l'avant-dernier de la sixième rangée, aux côtés de son grand ami de classe Jacques Miquelon, qui deviendra plus tard ministre dans les cabinets de Maurice Duplessis, Paul Sauvé et Antonio Barrette.
Mosaïque des finissants du Petit Séminaire de Québec. 1930-1931.
Collection Alain Lavigne
Son père Xavéri appartient à « l’aile pauvre » des Lesage qui ont des intérêts dans la compagnie d’assurance Les Prévoyants du Canada, où il occupe un poste. Les mauvaises affaires et la crise économique des années 1930 le contraignent toutefois à intégrer la fonction publique du gouvernement du Québec et à s’installer au Lac-Saint-Jean. Plutôt que d’emmener toute sa famille avec lui, il confie à Jean, son fils aîné, le rôle de chef de famille aux côtés de sa mère. Pour subvenir aux besoins des siens, Jean trouve un emploi dans la tabagie de son oncle.
Malgré ses responsabilités familiales, et après avoir songé à devenir comptable, il s’inscrit à la Faculté de droit de l’Université Laval à l’automne 1931. Le Dictionnaire biographique du Canada expose qu’à l’université, « Jean fait également du théâtre — il aime les auteurs classiques, tels que Pierre Corneille, Jean Racine et Molière — et rencontre René Arthur, qui sera son chef de cabinet adjoint (1960–1966). La troupe dont ils font partie donne des représentations à Québec et ailleurs dans la province. Vers 1933, Lesage passe une audition comme annonceur pour une station de radio de Québec, mais sa candidature n’est pas retenue. »
Le Dictionnaire biographique du Canada avance que « durant ses études, il se rend parfois rue Saint-Pierre, où son oncle Joseph-Arthur Lesage, organisateur libéral, et Charles Gavan Power, homme politique libéral, ont leurs bureaux, pour discuter politique. L’engagement précoce de Lesage envers le Parti libéral lui vient de son père, car sa mère a grandi dans une famille conservatrice. » Parallèlement à ses études, il commence à se faire un nom au sein du Parti libéral en prononçant ses premiers discours comme orateur. Il reçoit entre 5 $ et 10 $ pour ces interventions.

Charles Gavan « Chubby » Power est élu député libéral dans la circonscription fédérale de Québec-Sud en 1917. Il conserve son siège jusqu'en 1955, lorsque le premier ministre Louis Saint-Laurent lui offre un poste de sénateur dans la division de Golfe. Il demeure en poste jusqu'à son décès en 1968. Dans le cabinet de William Lyon Mackenzie King, il est ministre des Pensions et de la Santé nationale de 1935 à 1939, des Postes de 1939 à 1940, de la Défense nationale pour l'air de 1940 à 1944 et de la Défense nationale de 1940 à 1944. Durant la période de la crise de la conscription, il s'oppose à cette mesure et démissionne du cabinet pour siéger comme libéral indépendant. Lors du retrait du premier ministre King, il se présente à la course à la chefferie de 1948, mais il finit troisième. Son père, William Power, a été député fédéral de Québec-Ouest, son frère Francis Gavan Power fut député de Québec-Sud et son petit-fils Lawrence Cannon, a été député fédéral de Pontiac et ministre fédéral.
Photographie de Charles Gavan Power. 1941.
Canadian Government Motion Picture Bureau
Malgré ses aptitudes et ses contacts politiques, sa situation financière reste précaire. Dans l’incapacité de décrocher un emploi plus stable, il s’enrôle en 1933 dans le corps-école des officiers de l’Armée canadienne, où il suit une formation en artillerie. Jusqu’en 1945, il consacre ses soirées, ses fins de semaine et ses vacances d’été à l’armée canadienne de réserve, qui lui verse une solde. Il est fréquemment appelé au camp d’entraînement de Kingston, en Ontario, où il perfectionne sa maîtrise de l’anglais. Cette expérience militaire lui inculque une discipline rigoureuse qui marque le reste de sa vie.

Photographie de Jean Lesage dans l'armée de réserve.
Archives de la famille Lesage
L’avocat
En juin 1934, il obtient sa licence en droit, avec la mention cum laude. Après avoir réussi les examens, il est admis au barreau le 10 juillet de la même année.
Selon le Dictionnaire biographique du Canada, « il doit emprunter 150 $ à une amie pour payer les droits d’inscription au barreau. À titre de conseiller juridique puis d’avocat de l’Union des bûcherons, fondée en 1934, il défend les travailleurs forestiers vers le milieu des années 1930. Il tente notamment d’obtenir un premier contrat collectif qui améliorerait les conditions de travail de ces ouvriers. »
Lesage entame la pratique de sa profession en droit à Québec avec son cousin, Paul Lesage, dès 1935. Le Dictionnaire biographique du Canada émet qu’après « la victoire de Godbout aux élections provinciales du 25 octobre 1939, Lesage obtient, grâce à son oncle et à sa participation comme orateur à la campagne électorale, le poste de procureur de la couronne. Il est également nommé conseiller juridique de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre établie par le gouvernement King en septembre. Il occupe ces deux fonctions jusqu’en 1944. Lors du plébiscite de 1942, il a fait campagne contre la conscription. »




Brochure pour le OUI lors du plébiscite du 27 avril 1942.
Collection Dave Turcotte
En 1940, les deux avocats s’associent avec Raymond, frère de Jean. Le coloré Charles Gavan Power surnommé « Chubby Power » et Valmore Bienvenue se joignent au cabinet trois ans plus tard. Le premier est ministre de la Défense nationale pour l’air et ministre associé de la Défense nationale dans le gouvernement de William Lyon Mackenzie King, et le second est ministre de la Chasse et de la Pêche dans le cabinet d’Adélard Godbout à Québec. Leur arrivée confère au bureau Power, Bienvenue, Lesage et Turgeon un accès privilégié aux deux ordres de gouvernement et renforce sa réputation. Jean Turgeon, un ami d’école de Jean Lesage, fait aussi partie du cabinet. En 1952, Jean Bienvenue, fils de Valmore, devient un nouveau partenaire. En quelques années, Jean Lesage s’impose comme un avocat influent à Québec.
Corinne Lagarde
Lors de l’élection fédérale du 14 octobre 1935, Jean Lesage est engagé par le médecin Jules Desrochers, député libéral fédéral sortant de Portneuf, pour prononcer des discours en faveur du candidat libéral Lucien Cannon. Le Dr Desrochers présente alors à sa belle-fille Corinne, une jeune femme grande, très belle et cantatrice talentueuse, le jeune avocat prometteur. Leur rencontre est un véritable coup de foudre. Le 2 juillet 1938, à Saint-Raymond-de-Portneuf, Jean Lesage épouse Corinne Lagarde, fille du commerçant Alexandre Lagarde et de Valéria Matte. De leur union, trois garçons et une fille voient le jour : Jules, Marie, René et Raymond.
L'HOMME

Photographie de Xavéri Lesage, père de Jean Lesage.
Archives de la famille Lesage

Photographie de Cécile Côté, mère de Jean Lesage.
Archives de la famille Lesage

Photographie de Jean Lesage, finissant du Petit Séminaire de Québec pour l'année 1930-1931. Il porte l'uniforme du Petit Séminaire.
Fonds d'archives du Séminaire de Québec

Photographie de Jean Lesage.
Archives de la famille Lesage

Photographie du mariage de Corinne Lagarde et Jean Lesage. 2 juillet 1938.
Archives de la famille Lesage






