Je me souviens

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DRAPEAU

FLEURDELISÉ

BOULEAU 

JAUNE

HARFANG DES NEIGES

IRIS

VERSICOLORE

PAPILLON

AMIRAL

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Fleurdelisé

À quinze heures, le 21 janvier 1948, le fleurdelisé flotte pour la première fois sur la tour centrale de l’Assemblée nationale. Ce jour-là, le premier ministre Maurice Duplessis met fin à plusieurs décennies de débat en accordant au fleurdelisé le statut de drapeau officiel du Québec.

 

Le drapeau du Québec est généralement désigné sous le nom de drapeau fleurdelisé. Les éléments et les couleurs qui le composent sont présents en Amérique depuis des centaines d’années. La croix blanche sur un champ d’azur rappelle une ancienne bannière de l’armée française, et les quatre fleurs de lys symbolisent la France.

 

Mais d’où vient la fleur de lys ? La plupart des spécialistes croient qu’il s’agit d’une fleur stylisée, mais sans rapport avec le lis blanc. « La fleur de lys était jadis le symbole du pouvoir de la monarchie en Europe. Mais on en trouve des traces encore plus loin : trois mille ans avant notre ère, on l’utilisait déjà chez les Assyriens comme motif décoratif. L’historien Claude Paulette rappelle que c’est au cours d’un combat à Tolbiac que Clovis aurait échangé les trois crapauds de son bouclier, symboles païens, contre trois fleurs de lys d’or que lui proposait un ange. Le miracle a donné la victoire à Clovis qui a accepté de se faire baptiser, devenant ainsi le premier roi chrétien de la France. […] Elle est apparue progressivement sur les sceaux, les vêtements et les armoiries des rois de France après le sacre de Clovis. ». (Extrait de la brochure « Les 50 ans du fleurdelisé »)

 

 

Régime français

 

À la recherche de terres inconnues « où l’on dit trouver grande quantité d’or et d’autres riches choses », Jacques Cartier explore le golfe du Saint-Laurent. En 1534, à Gaspé, il prend possession du territoire du Québec au nom du roi de France, François 1er. Dans le récit de ses voyages, le navigateur mentionne qu’il plante, à Gaspé en juillet 1534, puis à Québec en mai 1536, des croix portant l’écu de France : trois fleurs de lis d’or sur champ d’azur. C’est ainsi que commence l’histoire de nos drapeaux.

 

En 1608, Samuel de Champlain fonde Québec. Sur une carte, publiée en 1612, Champlain dessine, aux mâts des voiliers qui y figurent, un pavillon à croix blanche sur fond azur. Sous le régime français, les principaux emblèmes adoptés par les régiments, les bataillons et autres troupes sont : le drapeau blanc et l’écu d’azur arborant trois fleurs de lys d’or. « De l’Acadie à la baie d’Hudson, de la vallée du Saint-Laurent et des Grands Lacs à la Louisiane, on les voit soit séparément, soit ensemble, l’écu figurant au centre du pavillon » selon Jacques Archambault et Eugénie Lévesque. Claude Paulette ajoute que « dès 1665, le drapeau blanc est apparu au Canada, apporté par les soldats du régiment de Carignan. Ceux-ci l’ont hissé sur les forts, comme Sorel et Chambly, qu’ils ont construits pour protéger la colonie des attaques iroquoises ».

 

 

Jacques Cartier plante une croix portant l'écu fleurdelisé du roi François 1er à Gaspé le 24 juillet 1534.

Œuvre de Charles W. Simpson. Archives nationales du Canada

 

Pavillon bleu du temps de Samuel de Champlain.

Éditeur officiel du Québec

Régime britannique

 

« En septembre 1759, à la suite de la bataille des Plaines d’Abraham remportée par l’armée britannique, l’Union Jack remplace le drapeau blanc du roi de France sur les remparts de Québec. L’année suivante, la guerre en Nouvelle-France prend fin lorsque le chevalier de Lévis fait brûler ses drapeaux à l’île Sainte-Hélène plutôt que de les rendre aux vainqueurs. En 1763, par le traité de Paris, la France cède officiellement la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne. » (Extrait du fascicule « Le drapeau national »)

 

En 1774, les treize autres colonies anglaises d’Amérique se rebellent contre la Couronne britannique. En octobre de la même année, le Congrès continental lance aux habitants de la vallée du Saint-Laurent un appel les invitant à épouser leur cause sans trop de succès. Dans une volonté d’union des colonies britanniques du Nord et du Sud, les rebelles américains mettent au point une stratégie d’invasion de la vallée du Saint-Laurent, au printemps de 1775.

 

Selon Claude Paulette, « en septembre 1775, les Américains assiègent le fort Saint-Jean, qui résistera une quarantaine de jours, avant d’investir Montréal, qui capitule le 12 novembre. Les Américains établissent leur quartier général au château de Ramezay pendant que le gouverneur Carleton, qui a réussi à fuir la ville, va se réfugier dans les murs de Québec qui sera bientôt assiégée. Dans la nuit du 31 décembre, les généraux Montgomery et Arnold tentent contre la basse ville de Québec l’assaut infructueux au cours duquel Montgomery perd la vie. Le siège se poursuit néanmoins jusqu’au 9 mai 1776. Les Américains n’évacueront complètement le territoire qu’à la fin de juin. Ainsi, pendant sept mois, le Grand Union Flag des insurgés américains a flotté officiellement sur Montréal et une bonne part de la province ».

 

Ancien Union Jack.

Éditeur officiel du Québec

 

Grand Union flag.

Éditeur officiel du Québec

Drapeau des patriotes

 

Une fois passé le choc de la Conquête, le peuple du Québec désire rapidement un drapeau national. Il en est déjà question en 1807. En 1832, des comités régionaux de patriotes choisissent, sans doute influencés par la France, un tricolore, vert, blanc, rouge, en bandes horizontales. Il gagne rapidement la faveur du public. On y ajoute, selon les régions, divers emblèmes : castor, feuille d’érable, maskinongé, aigles, étoiles, devises révolutionnaires.

 

En 1834, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal adopte ce même drapeau, qui est arboré à toutes les manifestations et aux grandes assemblées politiques. Il devient le drapeau officiel de la révolution de 1837-1838 et flotte lors des combats. Le tricolore est également le drapeau de la république du Bas-Canada proclamée par Robert Nelson, le 28 février 1838 à Caldwell’s Manor, près de Noyan. Puis, sa signification révolutionnaire en provoque l’abandon.

Visitez notre exposition sur la Journée nationale des patriotes.

 

Drapeau des patriotes.

Collection Dave Turcotte

Bannière « de Carillon »

 

Claude Paulette rappelle que « le 24 juin 1848, à Québec, le défilé de la Saint Jean-Baptiste est la scène d’un événement qui va créer une sensation dans l’ancien Bas-Canada et que décrit le Journal de Québec du 27 : “Bientôt on aperçut, au milieu des insignes, resplendissant de clarté et de jeunesse, un vieux drapeau français tombant de vétusté. C’est le drapeau sous lequel s’illustrèrent nos pères à la bataille de Carillon, [aujourd’hui Ticonderoga, dans l’État de New York]. On le portait comme une relique précieuse.” Sur ce grand “drapeau” en lambeaux étaient peintes, d’un côté, les armes royales de France avec des fleurs de lis et, de l’autre, une image de la Vierge portant l’Enfant-Jésus. »

 

Il ajoute que « son possesseur, Louis-de-Gonzague Baillairgé, avocat, affirmait la tenir du frère Louis Martinet, dernier survivant de l’ordre des récollets. Les religieux l’auraient conservée dans leur église après la victoire de Carillon en 1758. […] Baillairgé [le] gardait jalousement et [il] n’a été déployé qu’une fois, en 1848. […] Au décès de Baillairgé, en 1896, ses héritiers purent extraire l’objet de sa gaine et constater qu’il ne s’agissait pas d’un drapeau. […] La dorénavant “bannière” de Carillon est pourtant une relique de la Nouvelle-France, des experts en textile l’ont authentifiée. Elle comporte, par ailleurs, aux pieds de la Vierge, des armoiries, aujourd’hui quasi effacées, d’après lesquelles on peut déduire la date approximative de sa fabrication. Ce blason est celui du marquis de Beauharnois, gouverneur général de 1726 à 1747 ».

 

Cette bannière dite « de Carillon » est reconnue comme l’ancêtre direct de notre drapeau.

 

Dessins des deux côtés de la bannière de Carillon.

Éditeur officiel du Québec

Le tricolore français

 

Après l’abandon du tricolore patriote, les Canadiens français se prirent d’affection pour un autre tricolore, le bleu blanc rouge de la France. Claude Paulette raconte qu’en « 1854, la France et l’Angleterre se retrouvèrent dans le même camp pour affronter une Russie avide de s’agrandir. La guerre de Crimée provoqua au Canada des élans patriotiques dans la population britannique. À l’annonce d’une première victoire franco-anglaise (bataille de l’Alma) en septembre, Montréal et Québec pavoisèrent aux couleurs des deux alliés. […] Au crédit de cette alliance franco-britannique, il faut encore ajouter la visite du premier navire français sur le Saint-Laurent depuis 1760 et les retrouvailles franco-canadiennes. Le 13 juillet 1855, en effet, La Capricieuse, corvette française de 32 canons, entre dans le port de Québec. Cette visite a un extraordinaire retentissement chez les Canadiens français qui ont l’impression de retrouver la mère patrie. […] Au Québec, le tricolore français conserve ses partisans et sa popularité jusque dans la première moitié du XXe siècle, où il tiendra tête à ses concurrents fleurdelisés. Le poète Louis Fréchette s’en fait le défenseur ; il propose d’y ajouter une feuille d’érable. Certains veulent y accoler un castor ; d’autres, le Sacré-Cœur lui-même. »

 

Drapeau de la France.

Collection Dave Turcotte

Drapeau de Carillon

 

L’aube du XXe siècle suscite au Québec une floraison de projets de drapeau. Le 26 septembre 1902, à Saint-Jude en Montérégie, le curé Elphège Filiatrault hisse sur son presbytère un drapeau qu’il a lui-même confectionné et qui ressemble à celui de Carillon : « champ bleu orné de quatre fleurs de lys inclinées et dont les pointes sont orientées vers le centre ». L’abbé Filiatrault, originaire de Saint-Athanase (Saint-Jean-sur-Richelieu) propose « un drapeau nouveau pour un peuple nouveau ». Ce drapeau reçoit un accueil enthousiaste.

 

En 1903, des comités sont formés au Québec pour l’étude d’un drapeau national. Les membres ajoutent au drapeau de l’abbé Filiatrault une image du Sacré-Cœur entourée de feuilles d’érable. Ils l’appelèrent le Carillon-Sacré-Cœur. Claude Paulette rapporte qu’à « Montréal s’organise une grande campagne de promotion : publication d’un volume de 300 pages justifiant le choix, impression de brochures, de cartes postales, vente d’insignes, d’écussons et de drapeaux de divers formats. Le “Carillon-Sacré-Cœur” gagne rapidement la faveur de tous les milieux canadiens-français du Canada et des États-Unis. Mais le créateur du drapeau ne partage pas cet enthousiasme. Appuyé par une bonne fraction de l’opinion publique, l’abbé Filiatrault s’oppose à ce que l’on fusionne deux emblèmes différents, “l’un de la religion, comme le Sacré-Cœur, l’autre de la patrie, comme les couleurs de Carillon”. » Il est tellement populaire qu’en novembre 1926, l’Assemblée législative, dans une loi, le donne pour emblème à la Société Saint-Jean-Baptiste.

 

La présence d’un emblème religieux sur le drapeau contribue cependant à entretenir des hésitations. En 1935, pour favoriser l’adhésion, on propose la suppression du Sacré-Cœur. L’idée gagne des appuis au grand dam du clergé. Dès lors, il commence à se faire appeler : « fleurdelisé ».

À la suite du travail du député Sylvain Rochon, de la municipalité de Saint-Jude et de la famille Girouard, qui durant des années, a pris soin de ce drapeau, le 21 janvier 2017, à l'occasion du jour du Drapeau, le ministre Luc Fortin émet un avis d’intention de classement pour l’ancêtre du drapeau du Québec. Le drapeau de Carillon est classé depuis 2018 objet patrimonial.

 

L'abbé Elphège Filiatrault est né à l'angle nord-est de la 1re rue et de la 5e avenue à Saint-Athanase (Saint-Jean-sur-Richelieu), le 27 novembre 1850. Un parc porte d'ailleurs son nom tout près, sur le bord de la rivière Richelieu, face à l'église Saint-Athanase.

Auteur inconnu

 

Logo de la municipalité de Saint-Jude intégrant une partie du drapeau de Carillon conçu par l'abbé Elphège Filiatrault. 

Municipalité de Saint-Jude

Photographie de la plaque commémorative en hommage à l'abbé Elphège Filiatrault. Municipalité de Saint-Jude. 

Collection Dave Turcotte

Photographie du drapeau de Carillon qui flotte au vent. Municipalité de Saint-Jude. 

Collection Dave Turcotte

 

Grâce au travail du député Sylvain Rochon, de la municipalité de Saint-Jude et de la famille Girouard, du drapeau de Carillon est classé comme objet patrimonial, en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec. La décision a été transmise par lettre, le 11 janvier 2018, à la famille Girouard qui, durant des années, a pris un soin jaloux de ce drapeau, conçu par le curé Filiatrault et hissé pour la première fois en 1902 puis le 24 juin 1905, à l’occasion de la fête de la Saint-Jean-Baptiste. Le drapeau a été retrouvé, en 1955, dans le presbytère de la paroisse de Saint-Jude. Composé d'une seule pièce de coton imprimé artisanalement, il comporte une croix blanche sur fond azur et quatre fleurs de lys placées près des coins et pointant vers le centre.

Photographie de la rencontre avec notamment, le ministre Luc Fortin, le député Sylvain Rochon, le maire de la municipalité de Saint-Jude et l'ex-premier ministre Bernard Landry. 2017.

Collection Sylvain Rochon

Photographie du drapeau de Carillon original conçu par l'abbé Filiatrault et préservé par la famille Girouard. 2017.

Collection Sylvain Rochon

 

Autocollant du drapeau Carillon-Sacré-Cœur.

Collection Dave Turcotte

 

Écusson en bois du drapeau Carillon-Sacré-Cœur.

Collection Dave Turcotte

René Chaloult

 

L’après-guerre relance la recherche de symboles nationaux au Québec. Le Canada se cherche aussi un drapeau. En 1945, le premier ministre canadien Mackenzie King crée un comité chargé de la question. Ce comité étudie les 2 695 propositions de drapeaux reçus. Le 11 juillet 1946, la Chambre des communes adopte une version modifiée du « Red Ensign » de la marine britannique. Ce choix est très mal accueilli au Québec. En guise de protestation, le gouvernement québécois choisit de laisser flotter l’Union Jack sur la tour centrale du Parlement.

 

Le 19 novembre 1946, le député indépendant René Chaloult, outré de ce nouveau drapeau, inscrit au débat à l’Assemblée législative la motion suivante :

 

ATTENDU que le 27 février 1946 l’Assemblée législative de Québec a adopté à l’unanimité une motion priant le comité parlementaire fédéral de choisir “un drapeau véritablement canadien”, c’est-à-dire un drapeau qui exclut tout signe de servage, de colonialisme ;

 

QUE cette Chambre invite le gouvernement de Québec à arborer sans délai, sur la tour centrale de son hôtel, un drapeau nettement canadien et qui symbolise les aspirations du peuple de cette province.

 

Le 19 mars 1947, l’Assemblée législative est saisie d’une nouvelle résolution du député René Chaloult sur le drapeau. Il déclare à la Chambre : « Nous avons le droit de réclamer pour la province de Québec un drapeau nettement distinctif, parce que le drapeau signifie l’unité, la fraternité des peuples ; il représente les aspirations et les traditions d’une nation ; il est l’image de la patrie. » Il obtient l’appui d’André Laurendeau, chef du Bloc populaire. Le gouvernement de Maurice Duplessis évite de prendre position en créant un comité « pour étudier les questions et les aspects que soulève la résolution ».

 

« Durant les travaux du comité du drapeau, Chaloult suggère l’adoption du fleurdelisé qui, à son avis, symbolise les aspirations de la population québécoise depuis 40 ans. Onésime Gagnon, présidant le comité, déclare cette proposition irrégulière. Par un vote de 7 contre 3, il est résolu que la motion n’est pas susceptible d’être exécutée immédiatement. En conclusion, le comité formule l’idée que les autorités canadiennes choisissent d’abord un drapeau pour le pays avant que la province délibère sur le choix du sien. Le 24 avril 1947, le deuxième rapport de ce comité est déposé sur la table du greffier de l’Assemblée législative. Chaloult prend la parole. Il s’inquiète des conclusions tirées par le comité : “Sommes-nous un peuple serf ? Nous devrions choisir notre drapeau immédiatement. Une remise me paraît être une fatalité.” » (Extrait du site Internet de l’Assemblée nationale du Québec)

 

Le jour même, le premier ministre Maurice Duplessis lui répond ainsi : « Nous sommes en 1947, et c’est la première fois qu’à la Législature de Québec on se prononce officiellement pour le choix d’un drapeau canadien et québécois. […] J’affirme que nous avons droit aux deux. Nous devrions avoir un drapeau essentiellement canadien-français et, aussi, un drapeau distinctif pour le Québec. Nous voulons pour le Canada un drapeau essentiellement et exclusivement canadien, et nous voulons pour la province un drapeau ne comportant aucun signe de séparatisme, mais symbolisant nos droits et nos aspirations. […] Personne ne nous empêche d’arborer le fleurdelisé, mais quand il s’agit de choisir officiellement un drapeau, il faut prendre des précautions et ne pas procéder avec précipitation ».

 

Photographie du panneau d'interprétation sur le député René Chaloult. Municipalité de Kamouraska.

Collection Dave Turcotte

 

Photographies du monument en hommage au député René Chaloult. Juin 1998. Municipalité de Kamouraska.

Collection Dave Turcotte

 

Photographies du mobilier de salle à manger du député René Chaloult à son appartement de Québec. Musée régional de Kamouraska.

Collection Dave Turcotte

 

Photographies du lieu de sépulture du député René Chaloult. Cimetière de Kamouraska.

Collection Dave Turcotte

Maurice Duplessis

 

Depuis quelque temps, les parlementaires sont inondés de lettres et de résolutions réclamant le drapeau fleurdelisé. Le premier ministre Maurice Duplessis loin d’être déconnecté de cette volonté populaire consulte et étudie plusieurs projets de drapeaux. Claude Paulette précise qu’à « la fin de décembre [1947] ou au début de janvier [1948], il convoque, avec quelques-uns de ses ministres, un fonctionnaire versé en héraldique, Burroughs Pelletier, et lui demande son opinion “sur le sujet et le dessin d’un drapeau pour la province”. M. Pelletier, qui s’intéresse au drapeau depuis plusieurs années, soumet quelques projets à une seconde rencontre : sept dessins qui possèdent un élément commun, l’ancien blason du Québec de 1868, plus conforme, à son avis, aux règles de l’héraldique que les armoiries de 1939. Certains projets combinent des éléments du fleurdelisé (couleur et croix blanche) avec les armoiries ». (Voir section armoiries de cette exposition pour plus de détails)

 

Le premier ministre Duplessis consulte aussi le député Chaloult sur l’idée de placer les armes du Québec ou une feuille d’érable. Chalout réfléchit, consulte l’abbé Lionel Groulx et suggère plutôt de redresser les fleurs de lis qui penchaient vers le centre du drapeau de Carillon. Cette nouvelle proposition est approuvée par l’héraldiste Burroughs Pelletier.

 

À 11 heures, le 21 janvier 1948, René Chaloult reçoit un téléphone de Maurice Duplessis pour lui dire : « Le fleurdelisé flottera aujourd’hui trois heures de l’après-midi, sur la tour centrale du parlement. » Quelques minutes plus tard, en réunion spéciale, le cabinet ministériel adopte un arrêté en conseil proposé par Jean-Paul Beaulieu, ministre de l’Industrie et du Commerce et député de Saint-Jean. Cet arrêté est immédiatement sanctionné par le lieutenant-gouverneur.

 

L’arrêté consacrant le fleurdelisé comme drapeau officiel du Québec est ainsi libellé :

 

ATTENDU qu’il n’existe pas actuellement de drapeau canadien distinctif ;

 

ATTENDU que les autorités fédérales semblent s’opposer à l’adoption d’un drapeau exclusivement canadien et négligent, en conséquence, de donner à notre pays, le Canada, un drapeau qu’il est en droit d’avoir ;

 

ATTENDU qu’il est juste et convenable que sur les édifices parlementaires de la province de Québec flotte un drapeau qui répond aux traditions, aux droits et aux prérogatives de la province ;

 

ATTENDU qu’au cours de l’an dernier la législature de Québec, à l’unanimité, s’est prononcée en faveur d’un drapeau propre à la province de Québec et qui lui convient ;

 

IL EST ORDONNÉ, en conséquence sur la proposition de l’honorable ministre de l’Industrie et du Commerce :

 

QUE le drapeau généralement connu sous le nom de drapeau fleurdelisé, c’est-à-dire drapeau à croix blanche sur champ d’azur et avec lys soit adopté comme drapeau officiel de la province de Québec et arboré sur la tour centrale des édifices parlementaires, à Québec, et cela avec la modification ci-après, savoir :

 

QUE les lys figurent sur le drapeau soient placés en position verticale.

 

À 15 heures, à la Chambre, le premier ministre en fait l'annonce officielle, au milieu des applaudissements. Selon le journal La Presse, le premier ministre ajoute : « Nous avons redressé les fleurs de lis pour qu’elles se dirigent droit vers le ciel afin de bien indiquer la valeur de nos traditions et la force de nos convictions ». À la reprise de la séance, à 19 heures, deux drapeaux fleurdelisés sont croisés au-dessus du fauteuil du président, car le nouveau modèle aux fleurs redressées n’existe pas encore.

« Le gouvernement de ma province vient de nous donner un drapeau, un drapeau que toute la population réclamait, je m’en réjouis profondément. L’adoption de ce drapeau constitue une affirmation de l’autonomie provinciale que défendent le premier ministre et son gouvernement et en particulier le premier ministre qui a posé là un geste d’Honoré Mercier… Quand nous verrons notre drapeau flotter sur la tour centrale de la Législature, nous nous sentirons plus fiers d’être Québécois. »

- René Chalout, député indépendant, 21 janvier 1948.

 

Drapeau du Québec.

Collection Dave Turcotte

 

Lors de la reprise de la séance, à 19 heures, le 21 janvier 1948, le premier ministre Maurice Duplessis admire les deux drapeaux fleurdelisés installés au-dessus du fauteuil du président à l'Assemblée législative. Le drapeau aux fleurs redressées n'est pas encore produit à ce moment-là. 

Journal La Presse

 

Pages centrales de la publication Québec en plein essor. Québec pays d'avenir. 1948. Ciment Québec Inc.

Collection Dave Turcotte

 

Buste du premier ministre Maurice Duplessis devant un drapeau fleurdelisé. 

Musée régional de Kamouraska

Photographie Dave Turcotte

Toujours dans le vent

 

Le 9 mars 1950, la Loi concernant le drapeau officiel de la province est sanctionnée ce qui ratifie la décision gouvernementale de 1948. En novembre 1963, le gouvernement décide de prendre les mesures nécessaires pour faire enregistrer le drapeau et les armoiries du Québec. C’est le 10 novembre 1965, en vertu de l’article 9 de la Loi sur les marques de commerce, que le registraire notifie le public de l’adoption du drapeau officiel du Québec, maintenant protégé contre tout emploi abusif.

 

Le 22 juin 1967, le premier ministre Daniel Johnson donne un nouvel élan au drapeau en étendant son usage à tous les établissements scolaires et à tous les édifices publics du gouvernement du Québec. Ce jour-là, le cabinet adopte un arrêté ministériel qui ordonne :

 

QUE le drapeau du Québec soit arboré sur tous les édifices du gouvernement ainsi que sur les édifices des commissions, régies et autres organismes du gouvernement et sur toutes les écoles et maisons d’enseignement relevant du ministère de l’Éducation.

 

QU’il soit arboré à la place d’honneur sur les édifices ci-dessus mentionnés, c’est-à-dire, à droite, s’il y a deux drapeaux, ou, au milieu, s’il y en a davantage.

 

En 1984, l’Assemblée nationale adopte une motion proclamant le 24 mai, fête nationale du Drapeau. C’est à la suite des nombreuses pressions des Sociétés Saint-Jean-Baptiste et du Mouvement national des Québécoises et des Québécois, et pour créer une atmosphère de fierté et de réjouissance du 24 mai au 24 juin, que cette motion a été proposée à l’Assemblée nationale par Guy Chevrette, ministre du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, et appuyée par Michel Gratton, leader de l’Opposition officielle.

 

En 1998, dans le cadre du 50e anniversaire du fleurdelisé, le gouvernement de Lucien Bouchard décrète le jour du Drapeau, le 21 janvier de chaque année, en souvenir du jour ou il flotta pour la première fois sur la tour centrale du Parlement. Ce jour du Drapeau remplace la fête nationale du Drapeau. 

 

En 2001, la North American Vexillological Association effectue un sondage auprès de ses membres afin de noter les drapeaux des provinces canadiennes et des États américains. Plus de 29 000 votes ont été recueillis. Le drapeau du Québec est jugé le 3e plus beau drapeau (8,04 sur 10) des 72 en compétition, tout de suite après ceux du Nouveau-Mexique (8,61 sur 10) et du Texas (8,13 sur 10).

 

Le drapeau du Québec fait toujours consensus comme l’ont rappelé tous les premiers ministres qui ont succédé à Maurice Duplessis. Il incarne l’histoire et l’avenir du Québec. Il symbolise la présence dynamique des Québécois partout sur la planète, même en montgolfière. « De tout temps, les Québécois ont été tournés vers la découverte d’espace nouveau. Leurs ancêtres n’ont-ils pas exploré les deux tiers de l’Amérique, porté leur drapeau sur 31 des actuels États américains ? ».

« D’azur à la croix d’argent

cantonnée de quatre fleurs de lis du même »

 

Caricature lors du décès en fonction du premier ministre Daniel Johnson. 28 septembre 1968. Journal Montréal-Matin

Collection Dave Turcotte

Macaron pour souligner le 35e anniversaire du drapeau du Québec. 1983.

Collection Dave Turcotte

Épinglette pour souligner le 50e anniversaire du drapeau du Québec. 1998. Gouvernement du Québec.

Collection Dave Turcotte

 

Publication Le cinquantième anniversaire du fleurdelisé. Brochure souvenir de la cérémonie commémorative tenue le 10 mars 1998, à l'Assemblée nationale du Québec. 1998. Commission de la capitale nationale du Québec.

Collection Dave Turcotte

 

Publication Les 50 ans du fleurdelisé. 1998. 7 jours.

Collection Dave Turcotte

 

Signet pour souligner le 60e anniversaire du drapeau du Québec. 2008. Gouvernement du Québec.

Collection Dave Turcotte

FLEURDELISÉ
 

Publicité de l'entreprise Le Syndicat de Québec ltée invitant le pavoisement du drapeau fleurdelisé pour les célébrations de la Fête-Dieu, de la Saint-Jean-Baptiste et de la fête du Sacré-Cœur. Après 1948. Journal L'Action catholique.

Collection Dave Turcotte

Publicité de l'entreprise Le Spécialiste du Bureau inc. invitant le pavoisement du drapeau fleurdelisé pour les premières célébrations du 24 juin depuis son adoption comme drapeau national. 22 mai 1948. Journal L'Action catholique.

Collection Dave Turcotte

Publicité de l'entreprise Dupuis Frères ltée invitant le pavoisement du drapeau fleurdelisé à l'occasion des fêtes religieuses et patriotiques. Après 1948. Journal L'Action catholique.

Collection Dave Turcotte

Le Salut au drapeau est un texte à lire pour rendre hommage au drapeau national québécois lors de célébration protocolaire.

Collection Dave Turcotte

Assiette décorative illustrant le drapeau fleurdelisé.

Collection Dave Turcotte

Épinglette illustrant le drapeau fleurdelisé.

Collection Dave Turcotte

Épinglette illustrant le drapeau fleurdelisé. Gouvernement du Québec.

Collection Dave Turcotte

Décalque illustrant le drapeau fleurdelisé.

Éditeur officielle du Québec.

Collection Dave Turcotte

 

Plaque décorative illustrant le drapeau fleurdelisé pour les voitures de fonction des ministres québécois.

Collection Dave Turcotte

 

Montgolfière Fleur de Lysée

En 2000, le ministre Bernard Landry ainsi qu'une dizaines de ministres du gouvernement du Parti Québécois financent un ballon aux couleurs du Québec pour faire concurrence à la montgolfière du drapeau du Canada dans les festivals.

 

Plus de 20 ans plus tard, la montgolfière Fleur de Lysée vole toujours. Elle a représenté le Québec dans des festivals de partout dans le monde et même en Thaïlande en février 2020.

 

Épinglette illustrant la montgolfière Fleur de Lysée. Gouvernement du Québec.

Collection Dave Turcotte

Épinglette illustrant la montgolfière Fleur de Lysée.

Collection Dave Turcotte

 

Calendrier 2013-2014 au profit d'une nouvelle montgolfière Fleur de Lysée. 2013. J'aime mon drapeau.

Collection Dave Turcotte

 

Papier entête et enveloppe de l'organisme J'aime mon drapeau. 2013. J'aime mon drapeau.

Collection Dave Turcotte

 

Carton promotionnel de l'organisme J'aime mon drapeau. 2013. J'aime mon drapeau.

Collection Dave Turcotte

 

Carton promotionnel de l'organisme J'aime mon drapeau. 2013. J'aime mon drapeau.

Collection Dave Turcotte

 

Affiche de la Fête nationale du Québec de 1990 sous le thème Un pays à faire rêver. 1990. Mouvement national des Québécoises et des Québécois.

Collection Dave Turcotte

 

Affiche du jour du Drapeau. Mouvement national des Québécoises et des Québécois.

Collection Dave Turcotte

 

Signet du jour du Drapeau. Ministère des Relations avec les citoyens.

Collection Dave Turcotte

 

Le protocole du drapeau

« De tous temps et dans toutes les civilisations, le drapeau a servi d'élément d'identification pour reconnaître les siens, attirer l'attention, identifier une juridiction. Il représente donc l'un des plus puissants moyens de communication d'une nation.

À ce titre, quels que soient le mode d'utilisation du drapeau et les manifestations auxquelles on l'associe, il faut le déployer de manière à faire honneur à son statut de symbole du pays, de la nation ou de la communauté. Pour ce faire, il faut observer certaines règles de base. »

C'est le ministre de la Justice qui est chargé de l’application de la Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec.

Voici un lien Internet pour connaître les règles régissant l'utilisation du drapeau fleurdelisé.

Carton résumant les règles de préséance et de respect au drapeau. Ce carton accompagne chaque drapeau fleurdelisé vendu ou offert par l'Assemblée nationale du Québec. Assemblée nationale du Québec.

Collection Dave Turcotte

 

Publications sur le drapeau du Québec. Entre 1978 et 2001.

Collection Dave Turcotte

Bouleau jaune

 

En 1985, l’Association forestière canadienne mettait sur pied un comité en vue d’inciter chaque province et territoire à se doter d’un emblème arborescent. Pour souligner l’importance de la forêt dans la vie des Québécois, le gouvernement du Québec a choisi le bouleau jaune comme arbre emblématique le 17 novembre 1993. Il a ainsi été préféré au premier arbre proposé, l’orme d’Amérique, jugé trop sensible aux maladies pour devenir un symbole viable.

 

Selon Wikipédia, « les premiers colons l’appellent merisier en le confondant avec le cerisier sauvage européen à qui il ressemble par le grain du bois et les feuilles. Les autochtones l’utilisaient en tisane anti-inflammatoire et se servaient du bois pour fabriquer des objets utilitaires et rituels ».

 

En plus d’être, l’un des bois nobles les plus connus au Québec, le bouleau jaune, se distingue par la variété de ses usages et par sa valeur commerciale élevée. Des premiers temps de la Nouvelle-France jusqu’à nos jours, le bouleau jaune a toujours été présent dans le quotidien des Québécois. Cet arbre dont le bois est très recherché en construction et en ébénisterie est répandu dans les forêts du Québec. Les Québécois ont appris à le travailler pour en tirer des meubles, mais aussi, et surtout, à l’admirer à l’automne lorsque ses feuilles se pare de ses jaunes orangés. Le bouleau jaune fait vraiment partie du paysage québécois.

 

 

Fiche technique

(Données du ministère de la Justice du Québec)

 

Nom scientifique

Betula alleghaniensis Britton

 

Taille

D’une hauteur moyenne de 28 m et d’un diamètre moyen de 70 cm, le bouleau jaune est le plus grand des bouleaux indigènes.

 

Écorce

À l’âge adulte, il se distingue par le doré de son écorce satinée qui s’effiloche en fines lanières minces et frisées. Ses ramilles ont un goût de thé des bois.

 

Feuilles

De la forme d’un œuf à la pointe allongée, les feuilles sont simples, alternes et striées d’environ douze paires de nervures. Leur pourtour est doublement et finement dentelé.

 

Fruits

Les chatons ont 2 à 3 cm de longueur. De forme ovale et dressés sur les branches, ils sont constitués de petites écailles à trois lobes. Chaque écaille renferme une graine dotée de deux ailes. Ces graines légères peuvent voyager, au gré des vents, sur de longues distances avant de se déposer au sol.

 

Habitat

Présent surtout en milieu forestier, le bouleau jaune côtoie des essences comme l’érable à sucre, le hêtre, le tilleul et certains conifères, dont le pin blanc et le sapin baumier.

 

Distribution

Le bouleau jaune pousse principalement dans la zone de la forêt méridionale québécoise. C’est d’ailleurs l’un des endroits où l’on retrouve le plus de bouleaux jaunes au monde.

 

Utilisation

Le bois du bouleau jaune est très recherché comme bois d’œuvre. Il est aussi utilisé en ébénisterie et pour la fabrication de placage et de contreplaqué. Son bois dur à grain serré en fait un excellent bois de chauffage.

 

BOULEAU JAUNE
 

Photographies du bouleau jaune.

Ministère de la Justice du Québec

Dépliant Le bouleau jaune, arbre emblématique du Québec.

Gouvernement du Québec.

Ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs.

Épinglette à l'effigie du bouleau jaune.

Collection Dave Turcotte

Épinglette à l'effigie du bouleau jaune.

Gouvernement du Québec.

Collection Dave Turcotte

Harfang des neiges

 

Bien que le harfang des neiges ne soit pas le plus familier des oiseaux du Québec, celui qui décroche le titre de « plus imposant hibou du nord » est aussi, sans contredit, l’un des plus beaux d’Amérique. Aucun oiseau ne symbolise davantage la blancheur des hivers québécois. « Mon pays, c’est l’hiver. Mon oiseau, le harfang des neiges ! » En 1987, l’Assemblée nationale lui désigne le titre d’emblème aviaire du Québec, après qu’il eut été plébiscité par les ornithologues amateurs. Bien que les spécialistes s’étaient entendus sur une liste finale de cinq ou six espèces dont la Mésange à tête noire et le Merle d’Amérique, le choix final s’est arrêté sur le splendide Harfang des neiges.

 

À ce sujet, le biologiste Jacques Prescott, co-fondateur de l’Animalium, le musée zoologique de Mont-Tremblant, raconte qu’en 1987, il a demandé à son père « de faire jouer ses relations auprès du gouvernement [du premier ministre] Robert Bourassa pour convaincre l’Assemblée nationale d’adopter un emblème aviaire. Depuis quelques années déjà, le Club des ornithologues du Québec faisait campagne pour que le harfang des neiges soit désigné oiseau emblème et un coup de pouce politique devenait nécessaire pour concrétiser ce projet ».

 

« Vivant dans le Grand Nord, mais visitant le sud du Québec chaque hiver, le harfang représente un formidable symbole qui rappelle aussi bien les splendeurs de la saison froide que l’importance de la conservation de l’environnement auquel sa survie est reliée. En outre, le choix d’un rapace a le mérite d’attirer l’attention sur une espèce d’oiseau mal connue et souvent menacée ». (Extrait de la brochure « Les 50 ans du fleurdelisé ».)

 

Depuis 2018, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs reconnaît annuellement l’implication d’individus, d’organismes, d’entreprises, d’établissements d’enseignement et de recherche qui épaulent le ministère dans l’atteinte de sa mission de conservation, de gestion et de mise en valeur de la faune par la remise des prix « Harfang des neiges ».

 

 

Fiche technique

(Données du ministère de la Justice du Québec)

 

Nom scientifique

Bubo scandiacus (Linné)

 

Longueur

Entre 50 cm et 76 cm

 

Envergure

Entre 1,3 m et 1,8 m

 

Poids

1,6 kg (mâle) et 1,7 kg (femelle)

 

Vol

Environ 80 km/heure (chasse)

 

Longévité

Environ 9 ans en liberté

 

Nidification

Le harfang construit son nid à même le sol sur un monticule, à l’endroit le plus élevé et le plus sec de la toundra. La femelle pond entre 5 et 9 œufs, et l’incubation dure de 30 à 37 jours. Durant cette période, le mâle chasse pour nourrir la femelle. Les oisillons quittent le nid environ 16 jours après leur naissance et sont ensuite prêts à prendre leur envol 27 à 41 jours plus tard.

 

Nourriture

Actif le jour, le harfang se nourrit principalement de petits rongeurs, en particulier le lemming qui est sa proie favorite.

 

Répartition

Le harfang des neiges nidifie au nord et hiverne au sud du Québec.

 

HARFANG DES NEIGES
 

Photographies d’harfangs des neiges.

Ministère de la Justice du Québec

Chronique Chasse et pêche de François Roy. Vers 1974.

Collection Dave Turcotte

Vidéo hommage des lauréats des prix Harfang des neiges 2020.

Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec

Carte postale La voix du Québec au sommet des Amériques. 2001.

Collection Dave Turcotte

Thématique Québec, emblème de notre fierté de la Fête nationale du Québec 2017.

Mouvement national des Québécoises et des Québécois

Marque-page métallique à l'effigie du harfang des neiges.

Collection Dave Turcotte

Porte-cartes professionnelles à l'effigie du harfang des neiges.

Collection Dave Turcotte

Épinglette à l'effigie du harfang des neiges.

Gouvernement du Québec.

Collection Dave Turcotte

Épinglette à l'effigie du harfang des neiges.

Gouvernement du Québec.

Collection Dave Turcotte

Épinglette à l'effigie du harfang des neiges.

Collection Dave Turcotte

Épinglette à l'effigie du harfang des neiges.

Collection Dave Turcotte

Épinglette à l'effigie du harfang des neiges.

Collection Dave Turcotte

Peluche en forme du harfang des neiges vendu à la boutique de l'Assemblée nationale du Québec.

Collection Dave Turcotte

Iris versicolore

 

Saviez-vous que le Québec a eu deux fleurs emblématiques dans son histoire ? Tout d’abord, le lis blanc est choisi en 1963 parce qu’il ressemble à la fleur de lys qui symbolise la France, nation fondatrice du Québec. Ce choix fut remis en cause par les botanistes, puisque le lis blanc ne pousse pas à l’état sauvage au Québec. En 1999, visant à se doter d’un emblème floral véritablement représentatif de la flore d’ici, le gouvernement de Lucien Bouchard corrige cette erreur héraldique en adoptant l’iris versicolore comme fleur emblématique.

 

 

Lis blanc

 

Comme les autres provinces et territoires, le Québec se devait, selon une coutume anglo-saxonne, de posséder une fleur emblématique qui le distingue. La botaniste Gisèle Lamoureux rappelle que le choix du lis répondait à une urgence : « C’est dans le cadre d’un projet de timbres que le ministère fédéral des Postes a demandé au Québec sa fleur emblématique. Désespoir : il n’en avait pas. »

 

Dès lors, « le lis s’impose naturellement à l’esprit du législateur, par analogie au lis héraldique du drapeau. En 1962, le chef du gouvernement, M. Jean Lesage, manifeste l’intention de le faire adopter par l’Assemblée législative. Concert de protestations, nouvelles polémiques, vives controverses. Historiens, héraldistes, botanistes, dans l’espoir d’influencer la décision officielle, proposent diverses fleurs indigènes, prétextant que le lis, plante exotique, ne vie qu’avec difficulté au Québec. Le projet de loi est néanmoins adopté en 1963. Le texte législatif stipule que "le lis de jardin, connu en botanique sous le nom de Lilium candidum, est désigné officiellement comme emblème floral du Québec" ». (Extrait du livre Le drapeau québécois)

 

Adopté officiellement le 13 mars 1963, le lis blanc ou lys de la Madone du Québec est la seule fleur officielle d’une province qui ne pousse pas à l’état sauvage au Canada. Le lys de la Madone est originaire du sud-est de l’Europe et de l’Asie Mineure, mais peut être cultivé dans la plupart des régions de l’est du Canada et en Colombie-Britannique. C’est l’une des variétés les plus belles et les plus odoriférantes de la famille du lis.

 

 

Iris versicolore

 

« La fleur stylisée sur le drapeau québécois n’est certainement pas un lis. Elle serait représentative de l’iris des marais (Iris pseudacorus L.) que l’on retrouve en abondance sur les bords de la rivière Lys en Belgique ; d’où probablement, fleur de la Lys et par contraction, fleur de lys ». (Extrait du site Internet Espace pour la vie)

 

Jacques Rousseau, ethnobiologiste et successeur de Marie-Victorin à la tête du Jardin botanique de Montréal, proclamait que « le choix de Lilium candidum (lis blanc) était aussi déplacé que serait le chameau comme emblème animal du Québec ! »

 

Ne s’avouant pas vaincus, les botanistes, les héraldistes et les historiens continuent à mettre de la pression sur le gouvernement pour corriger cette « irrévérencieuse confusion ». « Depuis l’adoption du Bill 38 (aujourd’hui la Loi E-5) à l’Assemblée nationale le 23 janvier 1963, plusieurs vagues de pression furent exercées pour que le gouvernement québécois répare cette erreur. Lors des Floralies internationales de Montréal, en 1980, le directeur du Jardin botanique de Montréal, M. Pierre Bourque, choisissait l’iris versicolore comme symbole de cet événement horticole de premier choix ». (Extrait du site Internet Espace pour la vie)

 

Le choix de l’iris versicolore fait son chemin et plusieurs arguments militent en sa faveur. En plus d’être une fleur autochtone du nord-est de l’Amérique qu’on trouve presque partout au Québec, l’iris versicolore fleurit et nous offre ses plus belles couleurs autour du 24 juin, jour de la Fête nationale du Québec.

 

C’est finalement le 28 octobre 1999 que le projet de loi no 49 est adopté par l’Assemblée nationale du Québec visant notamment à officialiser l’iris versicolore (Iris versicolor Linné) comme fleur emblème du Québec. Ce projet de loi devenu Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec est sanctionné le 5 novembre 1999.

 

« Par la variété et l’harmonie des couleurs de sa fleur, l’iris versicolore illustre parfaitement la diversité culturelle du Québec. Il souligne par ailleurs l’importance de l’eau et des milieux humides pour l’équilibre de la nature ». (Extrait du site Internet du ministère de la Justice du Québec)

 

 

Fiche technique

(Données du ministère de la Justice du Québec)

 

 

Nom scientifique

Iris versicolor (Linné)

 

Description

Le nom iris tire son origine de la mythologie grecque et symbolise l’arc-en-ciel. L’iris versicolore est une plante vivace à rhizome, de 60 à 90 cm de hauteur, à feuilles très longues, étroites, rigides et lancéolées. Sa fleur, très grande, est composée de deux verticilles de trois pièces florales. Le verticille extérieur est formé de trois sépales saillant latéralement, donnant à la fleur toute sa forme et sa beauté ; le verticille intérieur est composé de trois pétales se dirigeant vers le haut. Les pétales et les sépales sont d’un bleu-violet rayé de jaune, de vert et de blanc.

 

Floraison

La floraison se produit vers la fin du printemps et se poursuit au début de la saison estivale.

 

Habitat

Son habitat est constitué des milieux humides et légèrement humides.

 

Répartition

L’iris versicolore occupe une très large partie du Québec.

 

IRIS VERSICOLORE
 

Photographies d’iris versicolore.

Ministère de la Justice du Québec

Illustrations du lis blanc.

Collection Dave Turcotte

Illustrations des emblèmes floraux des provinces et territoires du Canada. Secrétariat d'État du Canada. 1991.

Collection Dave Turcotte

Carte de souhaits illustrant le lis blanc, emblème floral du Québec de l'époque, sur les vitraux de la Chambre des communes dans le cadre du centenaire de la Confédération. Bibliothèque du Parlement.

Collection Dave Turcotte

Assiette décorative illustrant les emblèmes floraux des provinces et territoires du Canada.

Collection Dave Turcotte

Jusqu'en 1960, le fleurdelisé était presque qu'exclusivement utilisé par l'Union nationale pour leur publicité partisane. Avec l'arrivée de Jean Lesage, les libéraux québécois souhaitent se distinguer de leurs confrères d'Ottawa. On voit apparaitre la fleur de lys et le fleurdelisé dans la communication libérale. Avec l'adoption du lis blanc comme fleur emblématique du Québec, les libéraux s'approprient en partie sa paternité.

Ruban à mesurer aux couleurs du ministre libéral Bernard Pinard.

Collection Dave Turcotte

Une du cahier Perspective.

Journal La Voix de l'Est.

13 juillet 1963.

Collection Dave Turcotte

Lors des Floralies internationales de Montréal, en 1980, le directeur du Jardin botanique de Montréal, Pierre Bourque, choisi l’iris versicolore comme symbole de cet événement horticole de premier choix. Implicitement, son but était d'ajouter de la pression sur le gouvernement pour changer l'emblème floral du Québec.

Affiche promotionnelle et macaron des Floralies 1980 qui ont eu lieu du 17 mai au 1er septembre 1980 à Montréal.

Collection Dave Turcotte

Avant même que le gouvernement du premier ministre Lucien Bouchard adopte l'iris versicolore comme emblème floral du Québec, son parti politique utilise cette fleur comme symbole de fierté.

Affiche promotionnelle de la campagne de financement et de recrutement 1996 du Parti Québécois.

Collection Dave Turcotte

Macaron promotionnel en faveur du choix de l'iris versicolore comme emblème floral québécois.

Société linnéenne du Québec.

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Affiche promotionnelle présentant l'iris versicolore, la fleur emblématique du Québec. Ministère de l'Environnement du Québec.

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Marque-page métallique à l'effigie de l'iris versicolore.

Collection Dave Turcotte

Épinglette à l'effigie de l'iris versicolore.

Collection Dave Turcotte

Épinglette à l'effigie de l'iris versicolore.

Gouvernement du Québec.

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